Introduction
Les astres chroniques sont une des familles d’astres les plus minoritaires dans le Ciel nocturne d’Asplan.
Pendant longtemps, leurs caractéristiques propres furent telles qu’ils furent confondus avec les astres génériques.
Ce n’est que lorsqu’un de nos cartographes rencontra le Conclave Astronomique d’Eleya, que nous découvrîmes pour la première fois l’existence de ces astres.
Extrait de l’Astra Mapas du Conclave
La difficulté initiale à laquelle nous fûmes confrontés fut de distinguer les astres chroniques des astres génériques.
Lors de leurs premiers cycles luminaux, comme nous les désignons aujourd’hui, les chroniques présentent des teintes si proches de celles des autres astres observables qu’il nous fut longtemps impossible de les différencier avec certitude.
Nous pensions alors que les variations relevées dans certaines archives anciennes provenaient d’erreurs de copie, de l’usure des cartes célestes ou d’imprécisions d’observation.
Ce ne fut qu’après plusieurs siècles de comparaison continue que l’un de nos frères remarqua une dérive chromatique sur l’un des astres étudiés.
Je me souviens encore des débats qui suivirent.
Durant près de trois cents cycles forestiers, il avait compulsé les relevés du Conclave avec une obsession que beaucoup d’entre nous jugeaient maladive. Nuit après nuit, il revenait avec les mêmes cartes, les mêmes annotations, les mêmes protestations.
Puis un soir, il posa une archive sur notre table d’observation et déclara :
« Cette étoile n’a pas la même couleur que dans nos archives. Il y a un phénomène en jeu. »
À l’époque, peu d’entre nous le crurent.
Aujourd’hui encore, je regrette de ne pas avoir été parmi les premiers.
Tragiquement, il s’éteignit alors même que le Conclave commençait enfin à reconnaître qu’il avait vu juste.
En hommage, nous continuons encore aujourd’hui à désigner ces astres sous le nom d’« astres de Leeva », bien que le reste d’Asplan les connaisse désormais sous celui d’« astres chroniques ».
Caractérisation des cycles
Chaque chronique traverse plusieurs cycles successifs d’une durée observée de 1037 ans, 7 mois et 22 jours.
Le premier cycle correspond à la croissance progressive de l’astre jusqu’à sa taille observable maximale. Les cycles suivants n’affectent plus la taille du chronique, mais modifient progressivement sa teinte observable.
| Cycle | Apparence |
|---|---|
| 1 | Lumière blanche |
| 2 | Lumière bleutée |
| 3 | Léger vert |
| 4 | Jaune pâle |
| 5 | Orange fade |
Les transitions entre cycles ne semblent pas dépendre uniquement de l’ancienneté d’un chronique, mais également du nombre de chroniques apparu après lui.
Lorsqu’un dixième chronique achève son premier cycle, le plus ancien chronique existant entame son second cycle. Lorsqu’un centième chronique achève son premier cycle, le Premier Chronique entame son troisième cycle avant que le onzième chronique ne puisse accéder au second.
À mesure que leur ancienneté augmente, les chroniques semblent ainsi nécessiter des intervalles toujours plus importants avant d’accéder à un cycle supérieur.
Tendances observables
Bien que nous n’ayons pas encore pu le prouver durablement, il nous semble que chaque chronique, une fois arrivé à maturité, sert de “centre de référence” pour l’apparition de son prochain.
En revanche, bien que nous ne puissions expliquer pourquoi, nous avons observé que cette apparition se réalise de façon stricte dans une partie du ciel encore noire, non occupée par un autre astre.
De plus, à ce jour, nous sommes assez sûrs qu’il n’existe qu’un seul chronique ayant traversé son cinquième cycle : Eliéna.
Bien que même nos longues vies ne suffiront probablement jamais à confirmer l’existence d’un sixième cycle, plusieurs d’entre nous pensent qu’un tel chronique présenterait une lumière rougeâtre et maladive.
Application
L’utilisation la plus répandue des astres chroniques demeure aujourd’hui le calendrier chronostelle, établi par le Scriptorium de Furarta à partir des relevés du Conclave Astronomique d’Eleya.
En dehors de cet usage, les chroniques possèdent relativement peu d’applications pratiques directes. La durée exceptionnelle de leurs cycles les rend peu exploitables pour les besoins ordinaires des Races.
Ils demeurent néanmoins un sujet d’étude majeur pour les astronomes, cartographes célestes et observateurs du Ciel.
Entrée révisée par le Scriptorium