Après réflexion, nous avons décidé de vous introduire au concept de l’Ether en vous faisant découvrir les pensées de ceux qui sont, selon nous, les principaux pères de l’Ether et de ses influences.


Citation

Eraston, laissant le Monde baigné dans son sang, offrit aux vivants sa bénédiction.

Une explication des plus émouvantes sur l’origine de l’Ether. Que j’apprécie personnellement.

Cependant, si le grand Eraston en était véritablement à l’origine, je ne peux m’empêcher de penser que ses influences ne se laisseraient pas observer avec une telle simplicité.

Laissez-moi vous exposer mes pensées sur ce que pourrait être réellement l’Ether.

Andréa Ritz


Je pense qu’il est nécessaire de partir d’un postulat assez brutal.

Même en admettant que le sang d’Eraston soit à l’origine de l’Éther, cela ne change rien à la conclusion suivante :

L’Éther existe indépendamment de toute autre chose.

Ainsi, en partant de ce postulat, nous, penseurs, pouvons faire ce que nous faisons de mieux : raisonner sur la chose.

Qu’est-ce que l’Ether ? Une « substance », non observable directement, mais imprégnant tous les aspects du Monde.

Laissons à présent l’Ether de coté.

Quels sont les éléments ressemblant le plus à l’Ether, tout en demeurant clairement distincts ?

Oui, ce que nous appelons « ymokos », cette sève particulière de certaines plantes, et ce que les mystiques nomment « iochiki », sources de leurs pratiques.

Un jour, alors que je me trouvais chez Votan, une réflexion me traversa l’esprit.

Tandis qu’il extrayait de l’ymokos d’une plante afin de préparer un cataplasme, il eut également recours à ses arts, ceux qui usent de l’iochiki, pour le confectionner.

Cela m’amena à lui poser la question suivante :

« Si l’ymokos possède déjà des propriétés mystiques qui lui sont propres, pourquoi le traites-tu également avec l’iochiki ? »

Je vous épargnerai les détails techniques pour vous faire part de ce qui m’a marqué dans sa réponse : « l’ymokos de cette famille de plantes se complète avec l’iochiki. »

Pour moi, le point intéressant est le suivant : « l’ymokos de cette famille de plantes… »

Cela implique que chaque plante a un ymokos différents. Donc une différence.

Une différence. Oui, comme un individu à part.

Pourtant, selon les dires de Votan, tous ceux de sa profession utilise la même méthode d’utilisation de l’iochiki.

Etrange. Confus, avant de continuer à explorer la piste de l’ymokos, j’ai rendu visite à maitre Emistés, un mystique reconnu pour son utilisation corporelle de l’iochiki.

De notre discussion, j’ai pu en dégager, selon ses propres mots, que l’iochiki serait une énergie intrinsèque que tous les vivants posséderaient, et que les mystiques seraient simplement des individus capables de ressentir et d’utiliser cette énergie.

Récapitulons.

D’un coté, nous avons l’ymokos, qui plus globalement, provient des végétaux, mais ayant des expressions variantes selon la famille de végétaux.

De l’autre, l’iochiki, qui si l’on en croit les propos d’Emistés, est universel chez tous les individus.

Quel est le point commun entre nous et les végétaux ? Nous naissons, nous vivons, et finalement, le sinistre Kolar nous accueille à la fin de notre vie.

Après nombre de nuits blanches, une possibilité me vint alors à l’esprit.

Et si l’ymokos et l’iochiki n’étaient que deux manifestations différentes d’un même phénomène ?

Et si ce phénomène n’était autre que l’Éther lui-même ?

Je ne prétends pas alors avoir trouvé une réponse. Bien au contraire. Pour la première fois, j’avais peut-être seulement trouvé la bonne question.


Extrait du journal de recherche du mage Guy LeRoir


En tant que mage, j’ai toujours été obsédé par une question :

Qu’est-ce que la magie ?

Question des plus simples à répondre au premiers abord : la magie est la manifestation de phénomène divers et variés, via l’intermédiaire de techniques toutes aussi diverses et variées en utilisant le mana.

En ce cas, qu’est donc le mana ?

Pendant longtemps, ma conviction était que le mana était un don réservé à des élus. Cependant, à mon plus grand désarroi, cette conviction fut réduite en cendres lorsque le fier mage que j’étais fut réduit à l’impuissance par un barbare n’utilisant que ce que je considérais alors comme une énergie grossière et inférieure au mana afin de renforcer son propre corps.

Impensable. Tout bonnement inacceptable.

Comment notre mana pouvait-il être mis en échec par quelque chose d’aussi grossier ?

Persuadé que le problème venait de ma maîtrise de la magie, je me plongeai alors dans mes recherches afin d’en débusquer les secrets.

[…]

Étrange.

J’avais lavé cet affront. J’avais prouvé que ce barbare m’était inférieur.

Et pourtant…

Et pourtant, fort de mes nouvelles connaissances, plus je l’affrontais, plus l’énergie qu’il manipulait me semblait étrangement familière.

[…]

J’ai finalement convaincu l’idiot de me servir le temps que je mène mes recherches.

Bien que cela me coûte de l’admettre, il me sera utile pour éloigner les fouineurs.

[…]

Ahaha…

Absurde.

Et pourtant…

Non.

J’ai besoin de plus de preuves.

[…]

Je dois me rendre à l’évidence.

Bien que maladroit, Rick vient d’utiliser le sort Flamiara.

Et pourtant, il ne possède pas de mana.

Du moins, pas ce que moi et mes confrères appelons mana.

Comparée à celle d’un mage, son énergie est grossière, instable et difficile à modeler. Pourtant, les faits demeurent.

En modifiant une partie de la structure du sort, il a été capable de l’utiliser.

Et ce n’est pas tout.

En répétant l’expérience avec d’autres sorts, j’ai constaté un phénomène similaire. Certaines parties de leur structure devaient être profondément modifiées. D’autres, en revanche, demeuraient invariablement identiques.

[…]

Je me rendis au Scriptorium de Furarta dans l’espoir de consulter quelques ouvrages inédits.

Et je ne fus pas déçu.

J’y trouvai la transcription d’un cours donné par un philosophe de l’antique Kréça, un certain Andréa Ritz.

Et j’eus l’impression de recevoir une masse en pleine tête.

[…]

C’est donc cela.

Pendant un temps, je fit l’erreur de considérer le mana et l’iochiki comme deux énergies différentes. En fait, le mana est l’iochiki, et inversement.

En ce cas, ymokos serait l’équivalent de « l’essence » que les alchimistes extraient. En d’autres termes, l’équivalent du mana chez les végétaux.

Par ailleurs, la femme de Rick a accouché de leur second enfants. Que pourrai-je apporter cette fois ?

[…]

Ahaha !

Cet imbécile !

Alors que j’étais de nouveau dans une impasse, c’est encore cet idiot qui m’a mis sur la piste !

Le « mana », au sens, l’énergie produite par le vivant, est un produit !

Et c’est Rick qui m’a mis sur la piste !

« D’ailleurs, Guy, t’sais pourquoi j’finit par être à cours de force après avoir trop forcé ? »

Evidemment ! Même moi je n’ai pas une réserve de mana sans fond. Elle s’épuise et se reconstitue !

C’est du bon sens pourtant !

[…]

Je peux maintenant dire ceci avec certitude.

Il existent deux grandes familles de produit magique : Celle issus des plantes et celles issus des vivants.

Il ne manque plus qu’une pièce importante : quel est le substrat initial ? SI je me réfère à Ritz, l’hypothèse la plus probable serait l’Ether. Ne reste plus qu’à le prouver.

[…]

Papa dit que le monsieur a un balai dans le c

Récapitulons.

Il existe une substance dont l’interaction avec deux formes de vivant produit deux effets proche, mais distinct.

Les deux formes de vivant sont les végétaux et les vivants qui ne sont pas des plantes.

Au sein des végétaux, le produit magique, bien que conservant une base commune, se décline en autant de variations qu’il y a de famille végétale.

Au sein des autres vivants, la base commune est bien plus importantes, mais cette dernière varie selon les espèces et les Races.

[…]

Malgré tous mes efforts, je n’ai pu démontrer l’existence de l’Éther, ni établir avec certitude qu’il constitue bien ce substrat que je recherche.

Stupide.

Me voilà incapable de prouver l’existence d’une substance dont pourtant chacun s’accorde à reconnaître la réalité.


Carnet de notes de Klein Hadz, apprenti de Gehart Maytz


Le maitre a toujours dit que le grand-mage LeRoir était le père de l’ère magique actuelle.

Je comprend pas. Du moins, je comprend pourquoi il est considéré comme tel. Je comprend juste pas pourquoi il a traiter lui même ses travaux « d’incomplet » juste parce qu’il arrivait pas à prouver l’existence de l’Ether. N’est-ce pas du bon sens ?

[…]

Encore un échec.

Le maitre à de nouveau essayer de cultiver des plants ne produisant pas d’essences dans une cloche saturée de mana.

Ils ont bien poussé. Et ils ne produisent toujours pas d’essences. Que cherche à faire le maitre ?

[…]

Un autre échec.

Cette fois, le maitre a fait pousser des plants dans une cloche contenant des parasites qui se nourrissent de mana, vide de mana. Les parasites ne s’en s’ont pas pris aux plantes.

Pourquoi ?

[…]

Le maitre m’a traité d’idiot aujourd’hui.

[…]

Pendant que je cultivais les plants dans la pépinière, je suis tombé dans un trou plein d’essences de plantes. C’était tout visqueux.

[…]

Le maitre m’a presque crié dessus avant de me demandé de l’amené là où était le trou.

Bizarrement, alors que je l’avais vidé, il était de nouveau plein en arrivant. Pourtant les autres plants de la même famille ne font pas ça.

[…]

Le maitre a fait pousser un plant provenant du carré avec le trou et un autre provenant d’un autre carré. Les deux produisent autant d’essences l’un que l’autre.

[…]

Le maitre m’a demander de lui amener toutes les archives géologiques de la région sur les 50 dernières années.

C’est lourd. Trop lourd.

[…]

Après avoir lu les archives avec le maitre, le seul fait ayant attiré son attention concerne le fait que la pépinière, qui est plus grande qu’un champ, se situe là où un glissement de terrain aurait eu lieu il y a environ 40 ans.

[…]

J’ai passé la journée à chercher comment le glissement avait été rebouché à l’époque.

Apparemment, selon le contremaitre de la mine, son prédécesseur aurait mis une grosse dalle de pierre au fond et sur une partie des bords pour éviter que cela ne se reproduise.

[…]

Le maitre a commencé à laisser pousser des plants plus longtemps que prévu en pot.

Il a mis une grosse pierre au fond de la moitié d’entre eux.

[…]

Une fois les plants à maturité, le maitre prends deux pots, un de chaque, en enlève la plante, et extrait l’essences présent dans la terre. Il fait ça tout les mois.

Pourquoi il extrait pas directement des plantes ?

[…]

Le maitre est devenu fou. Il a renversés tous les pots en se traitant de tous les noms parce qu’il avait oublié de les percer.

Je comprend pas. Mais au moins il m’a pas traité d’idiot. Il s’est même excusé.

Bizarrement, c’est ce qui ma le plus énervé.

[…]

J’ai percés des pots. Beaucoup de pots.

[…]

Le maitre est tombé dans un nouveau trou du carré.

J’ai ris.

[…]

Pardon.

[…]

Le maitre recommence son expérience avec les pots.

[…]

L’hiver est passé.

[…]

Un autre hiver est passé.

[…]

Le maitre a sauté de joie en faisant l’extraction d’essences du mois.

Apparemment, le pot avec la pierre avait une graduation d’essences en plus dans le verre que l’autre.

J’ai pas compris pourquoi il était content. C’est normal avec un pot troué bouché par la pierre et l’autre non.

Il m’a de nouveau traité d’idiot quand je lui ait fait remarqué.

Pourquoi ?

[…]

Le maitre à continué avec ses pots jusqu’à l’hivers.

J’en ai marre des pots.

[…]

Je crois que le maitre l’a finalement perdu. Il a acheté le champ voisin.

[…]

Le maitre m’a demander de transférer la pépinière et les carrés de plants dans le nouveau champs.

… Pardon ?

Heureusement que je viens d’un village de fermiers.

[…]

J’ai mis jusqu’au deuxième printemps pour tout déplacer.

Et le maitre est arrivé avec des pelles. Et des pioches.

[…]

Je savais pas que le maitre était aussi doué avec une pioche.

Il m’a encore traité d’idiot quand je lui ait fait remarquer.

[…]

Je crois que le maitre veut se débarrasser de moi. Il m’a dit d’aller apprendre auprès du maçon et du charpentier.

[…]

Je me suis rapproché avec la fille de l’aubergiste. Elle est très séduisante.

[…]

J’ai pris mon courage à deux mains et me suis déclaré. Elle a dit oui.

[…]

Cela fait trois hivers que j’apprend la maçonnerie et la charpenterie. Mes nouveaux maitres semblent fiers de mes progrès.

[…]

Le maitre est revenu me chercher.

Pourquoi ?

[…]

Le maitre a vraiment creusé profond. Presque la hauteur de l’auberge ?

Il m’a dit de poser des poutres et des escaliers pour continuer à creuser.

[…]

On a creusé. Beaucoup creusé.

[…]

J’ai essayé de parler avec le maitre, mais il m’a pas écouté. Lyla est allée le voir, et il l’a écouté et m’a donné une semaine de pause.

Pourquoi ?

[…]

Le mariage s’est bien passé. Le maitre m’a offert autant qu’il m’a payé depuis que je suis son apprenti.

Mais il m’a quand même traité d’idiot à la fin.

[…]

J’ai l’impression d’être une taupe.

[…]

Je sais plus depuis combien de temps on creuse ces galeries. Mais Patt va bientôt avoir 2 ans.

[…]

En mettant un coup de pioche, une grande cavité c’est révélée devant nous.

Le maitre m’a pris par les épaules et je ne l’ai jamais vu aussi heureux.

C’est vrai que ce qu’il y avait dans cette grotte était beau à voir.


*Extrait du brouillon de publication de Gehart Maytz


Finalement, après avoir creusé ce satané trou avec mon idiot d’apprenti, nous sommes enfin tombés sur ce que j’espérais.

Depuis longtemps, nombre de textes anciens d’origines diverses font mention de « veines de la vie », qui se trouveraient sous terre. Parmi les Races souterraines, ou même celles de la surface ayant accès à ces dernières, elles les décrivent comme des rivières souterraines dont le « liquide » possède des capacités magiques extraordinaires, mais aussi variées en fonction de leurs environnements.

Cette rivière que nous avons trouvée avec mon apprenti… du plafond, de l’essence en gouttait en continu. De plus, elle avait la même texture que l’essence dans laquelle mon apprenti et moi somme tous deux tombés.

Je n’ai pas réussi à démontrer l’existence de l’Ether.

Mais à la place, j’ai prouvé que les « veines de la vie » sont en réalités de l’essence végétale altérée par l’environnement rocheux et autres qui s’agglutinent pour former ces rivières.


Extrait de publication du Nov El Maria, par Fhirinne don Cean


[…]

De L’Ether

L’Ether est très probablement l’un des cas d’hallucination collectif les plus intéressants pouvant être étudié.

Nombre de nos théories et compréhension sont construites sur une substance dont tout le monde semblent reconnaitre l’existence, mais que personne n’a su prouver. Pire, que personne ne semblent vouloir même prouver.

Au fil de mes nombreuses consultations, il semblerait que seul LeRoir ait eu la décence d’esprit de considérer ses recherches comme incomplètes de par son inaptitude à prouver l’existence de l’Ether.

Néanmoins. Aussi affligeant que le manque de preuve soit, il convient de statuer sur ce qui a été démontré, compilé et ce que l’on peut en conclure.

Premièrement, on identifie bien deux types de produits magiques. Un issus des familles végétales et un autre issus de tous les autres vivant, qui ne sont pas considérés comme végétaux. Par souci de représentation, nommons les respectivement « mana sève » et « mana sanguin ».

Par ailleurs, les dryades sont considérer comme des végétaux.

Et nous avons là notre premier problème.

Depuis des siècles, toute la communauté savante s’est focalisée sur le fait que « mana sève » et « mana sanguin » était des produits. Enfin, ils peuvent remercier LeRoir pour leur avoir mâché le travail à ce niveau là, mais je suis sur que ce dernier vous regarderez avec mépris en vous voyant faire la même erreur qu’il avait faite.

Dans ses publications, tout le monde d’alors s’est concentré sur le fait que le « mana sève » et le « mana sanguin » était des produits.

Ils sont tous passés à coté du point important.

LeRoir n’a énoncé que deux cas où il a constaté ce phénomène : les végétaux et les autres vivants. Pas de minéraux. Pas d’entité spirituel. Rien d’autres. En d’autre terme, des existences vivantes.

Je pense donc pourvoir statuer sur ce point assez clairement :

Que l’Ether soit le substrat miracle que vous cherchez ou non, les « mana sève » et « mana sanguin » sont des produits magiques produits par le vivant de ce monde, à partir de ce fameux substrat encore non démontrés.

Et ces produits sont ce que nous utilisons pour nos différents arts, pratiques, et ingénierie magique.