Cette entrée traite du Ciel selon la compréhension admise au moment de cette édition. Pour consulter ses multiples interprétations, nous redirigeons le lecteur vers l’entrée suivante : Le Ciel : Interprétations.


Citation

Des crétins. Tous des crétins. Incompréhensible ? Inaccessible ? Hors de portée des mortels ? Qu’à cela ne tienne. Laissez-moi vous expliquer ce qu’est le Ciel.

Ogans Masig


Explication

Pour vous expliquer ce qu’est actuellement notre compréhension du Ciel, il est nécessaire de vous mettre à contribution.

La surface d’Asplan n’a nulle fin connue.

Qu’importe la distance parcourue en ligne droite, jamais vous n’en atteindrez l’extrémité. Et à moins que vous ayez une jambe plus courte que l’autre, jamais vous ne reviendrez à votre point de départ.

Cette même conjoncture s’applique au Ciel.

Admettons que nous puissions nous déplacer verticalement sans contrainte. Qu’importe le temps que nous consacrerions à nous élever, les limites du Ciel demeureraient hors d’atteinte.

Ainsi pouvons-nous définir le Ciel : un autre axe d’infini.

A présent que nous l’avons défini, vient la vraie question :

Qu’est-ce que le Ciel ?

Lorsque vous regardez le sol sous vos pieds, votre premier réflexe n’est pas de déclarer :
« Voici la Terre Primordiale, mère de toute vie.»

Non.

Vous voyez le sol.

Je vous demande d’accorder au Ciel cette même simplicité.

Si nous nous en tenons à ses aspects les plus fondamentaux, la surface est l’endroit où nous vivons. Le Ciel, quant à lui, est le lieu où se manifestent les phénomènes que nous nommons « jour » et « nuit ».

Dans la même lignée, de quelle couleur est le sol ?

De toutes les couleurs possibles, selon l’endroit où vous vous trouvez.

Le Ciel, lui, est bleu. Du moins lorsqu’il n’est pas masqué par les nuages.

Jusqu’à présent, la plupart d’entre vous sont encore capables de suivre mon raisonnement. Car en dehors du fait que je refuse d’invoquer une quelconque divinité, je n’ai encore rien redéfini.

Je n’ai fait que poser des mots sur ce que nous observons tous de nos propres yeux.

Les plus dégourdis commencent probablement à comprendre où je souhaite en venir.

Ce qui nous mène à la prochaine question. Une question issue, elle aussi, de l’observable :

D’où provient la lumière dont semble irradier le Ciel lorsqu’il ne fait pas nuit ?

Je coupe court au suspense : Je n’en ai pas la moindre idée.

Le seul fait observable est le suivant : lorsqu’il fait « jour », le Ciel, ce ciel bleu, éclaire le Monde.

Cependant, nous pouvons en tirer une autre question.

Quelle est la différence entre le jour et la nuit ?

Le jour est lumineux, la nuit ne l’est presque pas. Oui, presque. Malgré cela, nous observons une luminosité, très faible, imperceptible à moins que vous ne leviez les yeux. Et là vous les remarquez : les étoiles.

J’ai bien une théorie, mais n’ayant aucun moyen concret de la démontrer, je vais simplement vous la livrer telle quelle.

La luminosité du jour vient des étoiles.

À l’image d’un feu mourant, celles-ci perdraient puis regagneraient en intensité selon un cycle définissant nos journées et nos nuits.

Finalement, je souhaiterais conclure avec ces mots.

Nombre d’entre vous continuent probablement de se demander quelle différence il existe entre mes travaux… et les récits de ces religions paresseuses.

Je laisserai cette question ouverte.

Après tout, il serait regrettable que les générations futures cessent de se poser des questions par peur d’être prises pour des illuminées.


Le Scriptorium remercie le professeur Ogans Masig pour sa participation personnelle à la rédaction de cette entrée.